Monsieur, pourquoi cette rue, ce trottoir ?

Ce curieux endroit voulu par le hasard

Epuisé, saisi de froid, au bout de votre âge

Assis, le souffle confisqué comme en cage

Vous attendiez blème, la goutte au nez

Où iraient cette fois-ci encore retomber

Sur le tapis des jeux du sort de notre intime

Les dés de votre vie ou ceux de vos abîmes

 

A trois rues, Paul, vous êtes notre voisin

Votre sac est  trop lourd, prenez nous la main

Attendez, je cours, vous n'en pouvez plus

Chercher  la bagnole et on en parle plus

Vous êtes donc seul, et ces putains d'escaliers

Finissent au troisième à l'extérieur, pas idée

De faire aussi casse-gueule, de faire aussi con

Agenceurs de mes deux, oui c'est ça, entrons...

Attendez, attendez Paul, il ne faut pas pleurer

Moi, çà me renverse de découvrir votre vérité

Votre femme placée loin depuis des mois

Et son absence devenue le quotidien de votre effroi 

Vos enfants à l'étranger insoupçonné de vos misères

Et de sentir, combien ce coeur usé maintenant vous serre..

 

Un appel à votre médecin, un traitement oublié

Voilà, nous sommes allés à la phamarcie d'à côté

Au revoir, Paul, nous avons fait ici ce qu'il fallait , je crois

Ce minimum, pour se vouloir comme il se doit

Humains au milieu des hommes de notre temps

Mais moi, Paul, pendant encore longtemps

Je vais revoir dans mes nuits, tes larmes couler

Putain, mon vieux Paul,  je sais bien que la scéne est passée

Mais dans une autre fin plus embellie à mon avantage, je t'ai embrassé...

 


Polycarpe.

FRIPOUILLE DEFINITIVE