Hautecombe (1)

- Episode : Troisième.

 

Caput summary ante : 

Les premiers échanges de paroles entres les trois personnages : Marie-Claire, Charles-Henry et André,  se sont avérés, choses de l'esprit, assez compliqués. Dieu, n'est pas un sujet facile, depuis les temps bénis, cela se saurait... mais là,  on en serait presque, à se poser cette question assez incroyable : et si c'était le diable, dans l'ombre des pierres centenaires de l'Abbaye,...oui le diable, qui aujourd'hui, s'enhardit, et ici, tire les fils, tripote les consciences et en définitive : manigance à tours de bras fourchus dans cette nouvelle, à vouloir la rendre sciemment et définitivement mauvaise quitte à encore plus déconsidérer son auteur ?

 

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A la porte en cèdre plaqué du Liban, l'on vient à frapper. C'est frère Antoine, les yeux rieurs qui apparait courbé, poussant un chariot garni. Immédiatement, cet homme à l'écoute des autres et de lui-même, ressent et repère très vite dans cette pièce renfermée, une ambiance toute chose comme baignant dans une atmosphère à boire de l'éther...

 

- Frère Antoine, je veux quitter immédiatement ce groupe, pour en rejoindre un autre de moins dérangé.

 

- Allons, allons ma soeur, calmez-vous, cela n'est pas prévu, car dans ce concept chaque être réunis possède, quoi qu'il en soit ou plus dérangeant qu'on en pense, une part spirituelle latente qui ne demande qu'à s'extérioriser, même dans la surprise des confrontations verbales. Ne sous-estimez pas aussi promptement les profondeurs de chaque créature de Dieu. Le hasard qui est souvent son doigt, peut vous faire découvrir dans ce qui vous semble étranger, une direction en vous mêmes qui pourrait ma fois, vous étonner...

 

D : - Sérieux, dit Antoine, je ne pourrais pas avoir une bière, une seule ? Je supporte pas le thé !

 

- Hélas non, mon fils... Je repasserais en fin d'après-midi. Que Dieu s'invite toujours à vos échanges.

 

Ingurgitant nerveusement une poignée de raisins secs de Corinthe, Marie-Claire plante ses yeux, dans ceux délavés de son contradicteur obligé :

 

- Vous avez dit des choses épouvantables, je vous le redemande, que faîtes-vous en ce lieu ? Je suis avec un fou et un ivrogne !

 

André, après avoir mis sept sucres dans son thé, s'étrangle en éjectant au passage d'entre ses dents mordorés, quelques raisins pré-mâchés :

 

- Si t'es pas contente la ménopausée de mes deux, tu peux déjà rentrer dans ta cellule et sans fermer à clé...Personne je crois, n'ira chatouiller tes gros mollets !

 

C-H : Dédé, bon sang, çà suffit, taisez-vous ! Marie-Claire, mérite un total respect. C'est une femme en recherche avec ses convictions, son histoire, son âme est perceptible et son visage exprime entre deux relâchements, une grande et troublante douceur...

 

Cette fin de phrase surprenante et inattendue provoque instantanément dans le corps féminin de ce trio, un petit tsunami, une voie d'eau. Du creux des reins, jusqu'aux avant-bras, celle-ci finit en une vague violente par s'échouer dans l'esprit. de cette enfant de Marie.

 

Marie-Claire, à la minute, est complètement décontenancé.

 

Submergé de gêne, elle se reprend aussitôt.

 

Elle replace d'un geste brusque, ces fades lunettes sur le bout de son nez, en tirant de l'autre main, l'extrémité de sa jupe plissée au dessous de ses pâles genoux.

 

Charles-Henry, perçoit le trouble occasionné, et ne sent à cette gênante issue, qu'une poursuite échevelée de ses arguments afin de clore cette séquence à sens unique :

 

- Oui, Marie-Claire, Dédé, nous cherchons tous dans la religion, une consolation à nos défauts, à notre volonté de conquête. Ne devenons-nous pas religieux par crainte d'étouffer dans nos limites maudites, d'ici-bas ?

 

A cette interrogation, il s'en suit le partage d' une longue plage de silence. André, se gave de noisettes, d'amandes et surtout de pruneaux. Ses mâchoires remuent maintenant telles celles d'un hamster avec aussi, dans son regard une expression de rongeurs, totalement, désespérément, vide de tout sens commun.

 

Pourquoi à cet endroit précis de la fin de l'après-midi de cette première journée, les conversations entre ces trois personnages glissent vers un dévoilement partiel des sphères intimes de chacun ? Dieu, seul le sait et encore. Il se peut qu'il soit par ailleurs mieux occupé. Mais toujours est-il ou ainsi soit-il, selon le plateau fatalisme ou louangeur de notre balance, il en fût ainsi dans les heures qui suivirent.

 

L'écho du moi dans l'autre, oui se dit de Charles-Henry, mon appréciation portée son physique, a bien raisonnée en Marie-Claire, puisque sa défiance de départ à dans mon égard fait maintenant place à de l'empathie. Celle-ci se confirme par sa soudaine curiosité.

 

 Entre ces deux éloignés, il s'en suit durant de longues heures, un long échange en profondeur. Celui-ci est seulement perturbé pas les remarques acides de Dédé, complètement largué dans cette métaphysique confessionnelle.

 

- Houlà, là merde, j'entraves rien à vos conneries. Est-ce qu'on peut, un peu redescendre au niveau des fenêtres ou alors je demande au capucin Antoine, une radio pour écouter les Grosses Têtes !

 

Polycarpe.

( la suite vendredi prochain)

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