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Depuis le temps, que nous ruminons ensemble nos destins reliés à nos mamelles blanches, il fallait bien à l'heure cinglée des vos réseaux à veaux sevrés trop tôt, qu'une d'entre-elle, la plus belle, en pleine jeunesse, un brin de luzerne intellectuelle activé et un peu au dessus de la " boille " à lait... finisse par se lâcher d'une traite, dans un pamphlet pour s'insurger sur ce commerce devenu une informe bouse générale, celui que les hommes font avec notre communauté : nous, les bovidés ..

 

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Moi, mes ancêtres d'écuries me l'ont racontés.

Ma famille de souche était à Bellevaux.

Mes arrières-arrières grand-mères étaient disséminées, dans de nombreuses fermes familiales.

 

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Ma lignée, elle était originaire d'un lieu-dit  " Les Places " à proximité de la rivière du Brevon et de la cascade.

 

Nous étions peu nombreuses, disaient-elle : deux, trois, quatre, tout au plus.

 

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En ce temps-là, pour les plus riches humains de ce village, il fallait compter nos soeurs animal à clochettes seulement en décimal, l'infâme ferme aux mille vaches n'ayant pas encore germée, dans le cerveau crétin dégradé, des aigrefins managers industriels de Bruxelles...

 

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Deux trois vaches donc, un bon jardin, des poules, huit lapins, un cochon rond et une nombreuse tablée ( avec tout le mal, que tu t'imagines sans doute pas aujourd'hui, avachi dans ton canapé en cuir-fleur de peau d'Abondance, devant la pub de ta télé ou les débilités de ton I-phone ) une famille, vivait...

 

 

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Etonnant non ? comme vous le disait, Pierre Desproges, le regretté débusqueur de la connerie humaine...

 

 

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Et pourtant ce temps n'est pas si lointain, où nous connaissions, toutes espèces confondues, certes l'âpreté infini du labeur, mais aussi, une putain de sérénité, de paix entres les inévitables folies guerrières inhérentes (jamais aux bêtes, mais toujours ) aux hommes...

Bichonnés, dans la chaleur de l'écurie attenante à la cuisine, notre délicieuse pitance tombait depuis la grange, dans un délice parfumé et enivrant de saveurs.

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Crételle des prés, chiendent pied de poule, brome des champs, pâturin, vulpin des prés, bulbeuse des Alpes, tous ces diverses herbacées, mélangées, bien séchées durant l'automne, durant l'hiver, descendaient à chaque fois dans la mangeoire.


Un vrai et authentique festin de grandes reines, digne pour vous maintenant d'un gueuleton à 280 euros chez un Marc Veyrat,  (définitivement enivré, tel un cochon reproducteur) deux fois par ses bonnes notes...

 

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Quoi ? deux fois ? Ses bonnes notes ... Je suis vache !

Oui, je vous l'avais dit, en commençant, mais pas tant en ruminant : celle troisième et retrouvée en étoile du guide Michelin et les siennes (salées) délicatement posées à la Maison des Bois, à Manigod, dans une soucoupe en porcelaine de Sèvres.

La nostalgie bovine étant celle qui m'a été transmise, je sais donc qu'il fût en arrière, un temps béni pour nos soeurs d'écurie, un temps d'amour et de respect en lieu et place du pis-aller maltraitant de toute la filière devenue insupportablement vache mammite pour le monde animal et humain aujourd'hui dans la même générale et impitoyable dégradation.

Petite, je m'amusais des récits de ma grand-mère.

Oui, encore... raconte mamie, ta propre ancêtre avait un petit nom, une place attribuée, des cornes célébrées, un licou agrémenté d'une belle grosse et harmonieuse cloche.

Comment, elle ne dormait jamais dehors ?

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Comment des  "speed-dating" et nettement plus si affinités étaient organisés ? ( non pas avec un froid vétérinaire armé de son pistolet d'insémination artificielle) mais tout bonnement et simplement, avec un taureau costaud du pâturage d'à coté, n'attendant de dame nature, et bien ferme sur ses sabots, visiblement que cela...

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Comment dis-tu ? 

Elle recevait des soins, des massages, des breuvages de plantes guérissantes, et même, c'est incroyable, des baisers le matin sur le coeur colorisé de son front...

Et aussi, lorsque, le maquignon avait fini par venir la chercher, combien il y avait presque toujours pléthores de pleurs et de sanglots pour accompagner d'humanité partagée, son dernier voyage vers les étals des artisans bouchers respectueux du secteur.

 

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Redis-moi aussi et encore, les  "emmontagnées " les chants des bergères sous les sapins.

Et encore l'accordéon et les rires joyeux des veillées organisées la nuit venue, toute cette joie qu'elle entendait couchée, en ruminant de plaisir, le bon savoir vivre des hommes et des femmes de la vallée...

 

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Ils étaient costauds, fiers.

Il y avait chez eux de la dignité à faire vivre leurs fermes, leurs  familles au prix marqué de la sueur perlant dessous leurs chapeaux ou casquettes de travailleur des bois et des champs.

Tous un brin fauchés, mais toujours debout, combattifs, dis-mémé, c'est bien çà, toute la vérité ? 

J'ai du mal, aujourd'hui, moi veau de l'année 2018 à l'imaginer.

Dis, ils étaient bien ainsi les maîtres du temps passé  ?

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Lorsque de mes jeunes naseaux, les miens... je les sens aujourd'hui, nos maîtres sont souvent, déprimés, démotivés allant même pour certains, parait-il, à retourner tragiquement leurs désespoirs sur eux-mêmes au bout d'une corde (tendue par le Crédit Agricole et autres vautours de la chimie, sans oublier la FNSEA, coupable de propager un productivisme imbécile forcené) raide de trop d'injustice faite à leurs boulots, devenu maintenant pour beaucoup, un vrai boulot de con...

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Tu ne sais pas, comment nous en sommes arrivés là ?

 

Ben moi, mémé, je vais essayer de te le dire.

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C'est l'avidité suicidaire des hommes devenue avec les progrès techniques une véritable machine infernale de moins en moins maitrisée, qui est la cause d'un dérèglement annoncé dont personne ne soupçonne la gravité et l'ampleur apocalyptique pour notre planète.

Ces cons, puisque il faut bien relier à ce niveau, cette folle course au profit, à l'absolu de la connerie universelle, chaque jour depuis nos champs ou nos étables, nous en soupçonnons l'avancée, nous en mesurons et nous en vivons au quotidien, les irréparables dégâts.

Si vraiment nous étions vaches, nous aurions la pensée presque légitime en auto-défense de nous débarrasser physiquement des nuisibles qui composent vos sociétés.

Des nuisibles ?  J'y vais un peu fort, dis-tu ?

Mais non, ma frangine de mamelles, ce sont de véritables parasites prospérant sans plus aucune retenue, sur le monde végétal, animal et humain.

Toutes les ressources de la terre sont maintenant mises en coupe, placées en bourse ou sujettes à brevets.

De la moindre petite graine, à l'eau des rivières ou des mers, les hommes (ces veaux comme disait d'eux un général) ont petit à petit, acceptés l'impensable, la totale marchandisation de l'essence même de leur vie sur terre.

Au banc des accusés, au même haut tas de fumier, des noms, des sigles, des organisations politiques, judiciaires, bancaires :

Monsanto et Bayer, cette belle paire faisandée pour commencer, qui dans le même et indécent portefeuille associé, te proposes, sans vergogne affichée :  le poison et le remède.

Le tout à prendre avec ou sans métastase et dans l'ordre établi pour affronter le pourri de ton cancer déclaré.

Dans une belle continuité de saloperie, ne faut pas oublier aussi les anciens comportements criminels à jamais, de Bayer dans les fermes d'exterminations d'Auschwitz ou Birkenau, sous le troisième Reich...

 

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Question morale : serais-ce se comporter, en bête que de vouloir encorner pour de fort, pour de bon, les grands dirigeants de ces organisations mortifères pour l'homme ?

Oui, non dit-on, il y a des lois, des conventions, pour régir les sociétés... Raz le bol des libertaires !

Ah bon ! et des troupeaux immenses de moutons consommateurs de fade et dangereux, pour regarder, sans bouger, les puissants et discrets bourreaux poursuivre et amplifier cette mondiale désolation écologique.

La mafia agricole, t'elle la vérole sur le bas clergé dans des temps anciens, s'est développée d'une manière folle.

Les grands noms de ces gangs internationaux sont peu connus du grand public :

Dairy Farmer, Fonterra, Nestlé, Danone, Dean Foods, Danone et pour ce qui nous concerne spécifiquement,  nous les vaches de l'hexagone : Lactalis et  Sodiaal.

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Ces deux grandes machines à cash sur le labeur des travailleurs ont systématiquement braqués les petits paysans producteurs , qui au fil de nombreuses générations avaient réussi à porter le savoir-faire et le goût recherché,  à l'échelle reconnue d'excellence des produits A.O.C.

Tu a fais du savoureux, tu t'en vois dans les marchés ou pour ta fiscalité, ta femme s'est fait la malle.. Nous on rachète tout, et c'est tant mieux ?

Non, du con...Nous ce que l'on veut, t'as rien compris, c'est juste ta marque, ta réputation dans le bien manger et  ton étiquette familière à exploiter commercialement.

Nous, les gros du marché, ont pasteurisent, ont emballent en  "marchandising " et ont déversent comme on le ferait avec des pompes à purin de la pub, sur TF1 ou sur les chaines continues, et le tour (de cochon) est toujours et chaque fois savamment joué.

Le consommateur véritable vache à lait d'un supermarché de dupes,  lui n'y verra que du feu, l'autorité sanitaire sera tranquille.

Pas de problème possible avec la  " Vache qui rit " au contraire de ces putains de produits au lait cru, frais et susceptibles de bactéries que ces petits minables de la terre s'ingénient encore à faire, sans comprendre que leur belle utopie de la nature mère nourricière raisonnée, est aujourd'hui foutu, complétement foutu.

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Et que dire de la finance, de la politique ?  Sinon souligner dans le vide sidéral de cette époque, son cynisme, en relevant ici, aussi le pathétique, le ridicule amplifié, d'un ministre de l'écologie et du développement durable, qui me fait penser à mes cousines d'étable, en chaleur : les chèvres...

 

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 - Les chèvres ?

 Oui, Hulot Nicolas, une chèvre chaude, comme l'on disait par chez nous dans les vallées en Haute-Savoie.

Une chèvre chaude... qui bêle, saute et courre de tous côtés  et qui sait bien qu'après toutes ces vaines gesticulations, elle se fera et au final pis ( et pardon pour le mot qui suit ) " baisé " profond ou de Travert ( Stéphane, ministre de Macron) qui, lui veut surtout rester dans les bons papiers  ( à torcher) de Bruxelles ou du premier syndicat agricole, la FNSEA, pour éviter ainsi de retrouver devant sa maison, le purin déversé, des syndiqués de sa région.

 

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Ne pas parler de Bruxelles, cette machine à pasteuriser les consciences et les marchés foireux, et me dire que moi, ici peinarde et protégée, dans la vallée du Brevon, j'ai encore une sacrée chance même si elle va bientôt et inexorablement se diluer dans la nasse de la mondialisation forcée.

 

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Je vis dans les près, je vois de loin, le Roc D'Enfer.

Je regarde les sapins, les touristes en chaussettes et sandales qui ont délaissés pour une fois la mer méditerranée, véritable soupe à merde chimique où baignent dans le même marigot, des citernes entières d'huile solaire, de boues rouges, de fuel, d'égouts surchargés des bords de plage, envahit deux fois par année par une population moutonnière, sous le joug froid des marchands rois du prêt à consommer con... ( oui pardon !) du congé payé.

Mon maître ( lui sans jamais un jour de vacances) n'est pas un enfoiré, mais je le vois bien, depuis des années, il est pas dans son assiette....

Il s'en voit bordel et c'est rien de le dire. 

Il ne rigole plus,  il ne pense plus à l'avenir...

Dans vingt ans... ici, des paysans... il n'y en aura, et c'est désolant... bientôt plus !

 

 

FIN ( ou faim, les deux un jour prévisible : la nôtre)

 

Polycarpe ( Christian Cornier)