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Ozon, sait faire du cinéma, et de cette scéance là, peu en sortirons vraiment indemme... Que dire et ajouter de plus à l'horreur. Elle est immonde, intenable cette saloperie recouverte depuis des siécles.

En sortant bousculé de cette histoire, je suis retourné, cet après midi dans la mienne. Celle de mes dix ans dans mon livre " Marie et Polycarpe " (Un garnement dans les Alpages) avec le soudain besoin de relire un passage précis... ( Page 34 )

 " Après cet intermède fumant, j'arrive blanc comme un linge de maison close, chez moi. Maman, est seule, elle repasse une chemise.

- Tu étais où, avec qui ?

- En bas

- Tu devrais faire comme ton frère, j'en ai assez de te voir trainer comme cela !

- Mais non, çà va... bien, je joue...

- Je vais t'inscrire, toi aussi aux louveteaux, tu seras mieux et nous, avec Papa, plus tranquilles...

- L'intonation qui suivit dans le reste des propos était tellement déterminée que je renonçais à discuter...

- Bon, j'irais !

- Le local des louveteaux n'était pas loin comme par hasard de l'église, derrière le cinéma Le Foyer, dans la cour intérieure.

- J'arrive tôt pour la première prise de contact avec un chef. Il est là, assis devant moi, il doit avoir 20 ans, des culottes courtes en velours côtelé ( je me retiens de rigoler ) et une tête d'abruti de premier plan, et en plus il parle mal cet attardé. Il m'explique les règles, le règlement, la tenue, il faudra que je choisisse un nom :

- Bagherra, çà te va ?

-  Y a pas autre chose monsieur ?

- Non, il n'y a rien d'autre de disponible !

Maintenant, il me faut apprendre à faire un noeud sur un foulard ridicule, tout cela me commence à me gonfler... En plus un curé désoeuvré vient à passer avec une sollicitude baveuse et sexuée pour le petit louveteau que je suis...

Décidément je n'aime pas du tout cet embrigadement même s'il est de gentilesse, je suis tellement méfiant de nature...

Après quelques minutes, les premiers louveteaux arrivent dans la cour. Ils ont tous des têtes d'enfants de choeur, j'ai envie de leur botter le cul, à ces fayots.

Sur le sol poussiéreux, nous commençons des jeux, les choses se passent bien. Après une heure ou deux et une réfléxion collective du groupe, j'en viens malgré tout à m'énerver.

Moi, petit, j'étais du genre nerveux, alors je tape, je mords, je piétine, j'arrache, je bastonne, j'en étale deux, en fait saigner trois du nez, quand un curé alerté me saute dessus pour me maîtriser, sous les huées de la foule.

Dare-dare, je suis raccompagné en Juva quatre à la maison où le curé et le chef des louveteaux de Monchat, expliquent à ma maman, que mon expérience prend fin tout de suite avec ce groupe.

Au retour de Papa, je suis puni de manger, le soir venu...

- Rien à foutre ! que je me dis dans ma caboche amochée, j'aimais pas ces crétins. "

 

Polycarpe ( Christian Cornier )